La ville verte Par Jean-Marc Nicolle

La COP25 se tiendra au Chili en novembre 2019. Il s’agit d’une conférence sur les changements climatiques qui vise à l’adoption d’un accord mondial sur le climat, l’objectif phare est de limiter le réchauffement de la planète à deux degrés, seuil au-delà duquel l’activité humaine serait impactée de manière telle que leur pérennité s’en trouverait mise en péril.  Les villes, et notamment les grandes métropoles mondiales, sont pointées du doigt en tant que contributrices majeures des émissions de gaz à effet de serre, notamment par la concentration des activités et des flux qui les caractérisent. Le concept de ville verte cherche à renverser cette vision dominante et à analyser la contribution possible des métropoles à la lutte pour une planète plus durable.

La ville verte définition

La ville verte selon Jean-Marc Nicolle, est une manière bien spécifique d’envisager la ville durable qui consiste à opérer un verdissement multiforme des territoires urbains, qu’il s’agisse de leurs espaces publics ou de leur bâtiment. Pour ce faire, le développement d’espaces verts classiques n’est plus qu’un levier parmi beaucoup d’autres. On verdit désormais les toits et les façades, les trottoirs, jusqu’aux espaces de travail eux-mêmes. Bref, les villes tendent à devenir vertes au sens premier du terme.

Le concept d’immeuble vert s’en trouve lui aussi réinventé. Un immeuble vert ce n’est plus seulement un bâtiment ayant obtenu des labels environnementaux, c’est également un immeuble qui a su intégrer la végétalisation à des fins de bien-être des occupants, de performances énergétiques et de préservation de la biodiversité.

Les avantages d’une ville verte

Les bénéfices environnementaux de la végétalisation sont nombreux : résorption des îlots de chaleur, dés-imperméabilisation des sols, dépollution de l’air, amélioration de la biodiversité, contribution aux trames vertes ou bleues constituants autant de corridors écologiques. On le voit, la végétalisation offre de véritables opportunités de rapprocher les espaces urbanisés et les milieux naturels, d’améliorer leurs échanges et leur complémentarité.  Face à l’asphyxie croissante des villes, la demande citoyenne de verdissement est aussi de plus en plus forte. Mais ce n’est pas tout, du degré de verdissement des villes dépend leur attractivité, notamment auprès des jeunes. C’est l’un des principaux enseignements de l’enquête Ma ville de demain. 54% des étudiants sondés seraient prêts à refuser une offre d’emploi dans une ville si l’air y est de mauvaise qualité. Cela dit, en France, nombre de collectivités locales ont d’ores et déjà élaboré d’ambitieuses stratégies de végétalisation. Paris fait figure de modèle avec son objectif de 100 hectares de toits et de façades végétalisées d’ici 2020. Elle a également mis en place, dès 2011, un plan biodiversité. D’autres villes lui ont emboîté le pas, comme Orléans ou Le Havre. A l’échelle mondiale, nombre de ville ont développé des stratégies dites végétales tenant compte de leurs problématiques spécifiques.

Singapour, New York, ou même Montréal et Toronto qui mettent à profit leur toits plats pour développer massivement l’agriculture urbaine. Celle-ci constitue d’ailleurs une forme bien spécifique de végétalisation. En promouvant les circuits courts, elle invite à repenser les relations entre les métropoles et leur arrière-pays, tout en étant créatrices d’emplois et d’innovations. L’agriculture urbaine constitue l’exemple même de la manière dont les enjeux environnementaux, sociaux et économiques peuvent se rejoindre dans une activité unique qui a toute sa place dans les villes.

En conclusion

La ville verte est donc une facette de la ville durable en plein développement fondé sur une structure et des aménagement plus poreux à la nature. Si sa mise en œuvre est l’affaire de tous, on retiendra le rôle croissant de entreprises qui seront à coup sûr de plus en plus sollicitées sur ces sujets dans un avenir proche du fait de la quantité d’espaces verts qu’elle génère ou qu’elle pourrait créer. C’est pour elle un enjeux de management et de bien-être, d’image et de productivité et, d’une manière générale, de contributions réfléchies à la ville durable, celle qui répond aux ambitions climatiques de la COP21.

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